En tant qu’Américain, je n’ai pas été surpris par la prédiction plutôt sombre d’Edward Luce sur l’avenir de l’Amérique dans son analyse critique d’une éventuelle crise constitutionnelle (Magazine, FT Weekend, 17 octobre). Nous sommes confrontés à un scénario plus inquiétant. Un avenir calamiteux serait un effondrement financier concomitant du système monétaire fiduciaire mondial, rongé par la dette et non accablé. Un tel scénario est difficile à comprendre, mais il est décidément probable pour ceux qui ont étudié l’histoire des monnaies fiduciaires. Cela fait plus de 70 ans que l’accord de Bretton Woods, lorsque le système monétaire international a été développé et indexé sur le dollar américain, en tant que monnaie de réserve mondiale, qui à son tour était basée sur le rachat de dollars contre de l’or.

Cela fait près de 50 ans que le soutien américain à l’or a été abandonné et que toutes les devises sont devenues des monnaies fiduciaires (monnaie sanctionnée par le gouvernement sans valeur intrinsèque basée sur des considérations politiques, militaires et autres). En d’autres termes, dans le cadre de l’accord initial de Bretton Woods, toutes les devises étaient effectivement soutenues par de l’or. Tout cela a changé lorsque le président Richard Nixon a fermé la fenêtre sur l’or, mettant fin à la convertibilité des dollars en or en août 1971.

L’article de M. Luce explique : « comme tant d’autres dans toute démocratie constitutionnelle, le système survit finalement grâce à des codes de comportement plutôt qu’à la loi. Les règles sont un truc de confiance. Si suffisamment de gens refusent de les suivre, ils ne peuvent pas être appliqués »; et cite Aziz Huq: « Le grand secret de la constitution américaine est qu’elle repose sur l’acceptation du public. Sans légitimité, rien ne peut durer longtemps. »

Apparemment, les monnaies fiduciaires correspondent parfaitement à cette description. Le véritable test pour l’Amérique sera de savoir comment elle gère une monnaie qui gonfle massivement et dont la valeur diminue avec beaucoup moins de pouvoir d’achat.

Chris Kniel
Orinda, CA, É.-U.

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